Un service sous tension
Depuis le 1er janvier 2023, l'intermédiation financière des pensions alimentaires est mise en place automatiquement pour toute nouvelle décision de justice : les parents n'ont plus à en faire la démarche. Or 30 à 40 % des pensions alimentaires subissent des impayés en France, et l'Aripa agit d'office pour les recouvrer auprès du parent débiteur. Le volume de dossiers a explosé, avec un délai moyen d'approbation d'environ 38 jours au niveau national et un engorgement chronique sur les dossiers complexes.
La CAF de Saône-et-Loire porte l'un de ces services Aripa : 49 collaborateurs, les mêmes réformes, le même flux. Ce qui change, c'est la façon dont l'équipe travaille.
Comment ça fonctionne
L'équipe a démarré par un scan OpenDecide, une lecture partagée et fondée sur des faits de son fonctionnement réel. Elle a ensuite mené ses propres cycles d'amélioration sur la plateforme : clarifier qui porte quoi, lever les frictions dans la chaîne de traitement, rendre explicite un standard de fonctionnement jusque-là implicite. En 11 mois, l'efficacité a progressé de 24 % et le service a dégagé 5 % de gain opérationnel.
Délais comparés au réseau national
Barres à l'échelle au sein de chaque groupe. Repères nationaux : Cour des comptes, Sécurité sociale 2025.
Pour un parent créancier, cet écart n'est pas une statistique. C'est la différence entre une pension sécurisée en quelques jours et un dossier qui attend dans la file, pendant que le budget du foyer, lui, n'attend pas.
Tenir le standard
L'enjeu n'est pas une performance ponctuelle. C'est un mode de fonctionnement que l'équipe s'est approprié, qu'elle peut tenir alors que les volumes continuent de croître, et que d'autres services peuvent reprendre à leur tour.
L'excellence du service public se mesure là où elle se voit : dans le délai au bout duquel une famille reçoit ce qui lui est dû.